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FRUIT DU BAOBAB BIO, ETUDE DE LA TRANSFORMATION DE LA PULPE DE BAOBAB EN NECTAR

Mots Clés : Adansonia digitata L. ; baobab ; composition ; nectar ; jus de fruit ; pain de singe.
1. RESUME
Le fruit du baobab (Adansonia digitata L.) ou pain de singe, est traditionnellement consommĂ© dans de nombreux pays d’Afrique. Une enquĂȘte de terrain (SĂ©nĂ©gal) a montrĂ© que la pulpe du fruit est principalement utilisĂ©e pour l’élaboration de boissons de type nectar. Elles ne sont jamais stabilisĂ©es. La caractĂ©risation biochimique de la pulpe rĂ©vĂšle une faible teneur en eau (6 %), une forte aciditĂ© titrable (70 meq/100g) et une teneur Ă©levĂ©e en acide ascorbique (jusqu’à 312 mg/100g). L’analyse de 4 Ă©chantillons provenant de zones gĂ©ographiques diffĂ©rentes montre que la composition varie peu sauf pour l’aciditĂ© et la teneur en acide ascorbique, mais elle subit une certaine variation au cours du temps. L’étude de la transformation de la pulpe en nectar et de sa stabilisation par une pasteurisation thermique classique, met en Ă©vidence une amĂ©lioration de la durĂ©e de conservation du produit qui reste encore trĂšs insuffisante. La flaveur et la couleur du nectar sont affectĂ©es par ce traitement et aussi par une  stabilisation Ă  froid par microfiltration tangentielle.

Le fruit du baobab bio ou pain de singe sur l'arbre type adansonia digitata

Le fruit du baobab bio ou pain de singe sur l’arbre type adansonia digitata

2.  INTRODUCTION
Le baobab, Adansonia digitata L. est un arbre trĂšs ancien qui peut atteindre plus de 1000 ans. Il appartient Ă  la famille des BombacacĂ©es. Il est originaire d’Afrique tropicale oĂč il est caractĂ©ristique du paysage des steppes sahĂ©liennes et savanes soudano-sahĂ©liennes. C’est un arbre de 20 Ă  30 m de haut ayant 3 Ă  9 m de diamĂštre. Le fruit ovoĂŻde, appelĂ© pain de singe, contient des graines noires enrobĂ©es d’une pulpe crayeuse blanche.
Les chiffres officiels mentionnent une production de plus de 3200 t/an de pain de singe au SĂ©nĂ©gal (Institut SĂ©nĂ©galais de Recherche Agronomique/ Direction des eaux, forĂȘts, chasse et conservation des sols). La pulpe du fruit est largement consommĂ©e de façon traditionnelle sous diffĂ©rentes formes. Elle entre notamment dans la formulation de prĂ©parations cĂ©rĂ©aliĂšres et de boissons.
Cette Ă©tude s’inscrit dans le contexte du dĂ©veloppement de la valorisation des produits locaux au SĂ©nĂ©gal. Les objectifs Ă©taient de mieux caractĂ©riser le fruit et d’évaluer son potentiel pour une transformation en nectar Ă  plus grande Ă©chelle. Un premier travail par voie d’enquĂȘte a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© afin d’identifier les principales utilisations locales de la pulpe de pain de singe et de caractĂ©riser les procĂ©dĂ©s traditionnels de transformation. Sur plusieurs Ă©chantillons de diverses provenances, la composition de la pulpe a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©e afin d’évaluer sa variabilitĂ©. Enfin, une premiĂšre approche de la transformation de la pulpe en nectar est proposĂ©e. La stabilisation de la boisson par pasteurisation classique et par microfiltration tangentielle y est Ă©valuĂ©e.

3. MATERIEL ET METHODES
3.1.MatiĂšres premiĂšres
Quatre Ă©chantillons de fruit ont Ă©tĂ© choisis en fonction de leur provenance : 2 provenant de l’Est (Balla et KĂ©dougou), un venant du Sud (Kolda) et le dernier de l’Ouest (ThiĂšs).
A l’achat, les fruits Ă©taient dĂ©barrassĂ©s de leur coque et conservĂ©s Ă  tempĂ©rature ambiante dans des sacs en fibres synthĂ©tiques. Avant analyse, la pulpe qui reprĂ©sente 16 Ă  28 % de la masse du fruit dĂ©coquĂ©, est sĂ©parĂ©e des graines (67-72 %) et des fibres (4-13 %) par pilage au mortier et tamisage (mailles 0,4 mm ).
3.2. MĂ©thodes
Afin d’identifier les diffĂ©rentes utilisations et de dĂ©finir les procĂ©dĂ©s de transformation traditionnels du fruit, une enquĂȘte ouverte a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur un Ă©chantillon de 87 personnes (mĂ©nagĂšres, restaurants, marchĂ©s) en zone urbaine (Dakar) et Ă  Saly (80 km au sud de Dakar).
Les caractĂ©ristiques biochimiques des produits ont Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©es Ă  l’aide des mĂ©thodes suivantes : humiditĂ© (dessiccation 103 °C), extrait sec soluble (rĂ©fractomĂ©trie), cendres (incinĂ©ration 525 °C), matiĂšres grasses (Soxhlet/hexane), protĂ©ines (Kjeldahl/6,25), vitamine C (rĂ©dox 2-6DCPIP), sucres et amidon (Luff-Schoorl), aciditĂ© titrable (titrimĂ©trie NaOH). Diverses analyses microbiologiques ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es (dĂ©nombrements) : flore mĂ©sophile aĂ©robie totale, levures et moisissures, bactĂ©ries lactiques, coliformes totaux. Une Ă©valuation de la qualitĂ© sensorielle des nectars, a Ă©tĂ© effectuĂ©e.
La pasteurisation du nectar a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e dans un bain-marie Ă  70-80 °C aprĂšs conditionnement en bouteilles verre de 250 mL. La stabilisation Ă  froid du nectar par microfiltration tangentielle a Ă©tĂ© effectuĂ©e sur un pilote IMECA muni d’une membrane tubulaire en cĂ©ramique de diamĂštre moyen de pores 0,2 ”m. Les conditions opĂ©ratoires sont les suivantes : pression transmembranaire de 1,0 Ă  2,9 bar, vitesse tangentielle de 2 m/s, tempĂ©rature ambiante.
4. RESULTATS ET DISCUSSION
4.1.RĂ©sultats de l’enquĂȘte
L’enquĂȘte a rĂ©vĂ©lĂ© que toutes les parties du baobab sont utilisĂ©es : pulpe, graines, coque du fruits, feuilles, Ă©corce, racines et mĂȘme la sĂšve de la plante. La pulpe du fruit est la matiĂšre premiĂšre qui est la plus largement valorisĂ©e. Parmi les 5 principales utilisations traditionnelles recensĂ©es (Figure 1), les boissons de type jus de fruit sont les plus couramment consommĂ©es. Le « ngalakh » arrive en seconde position. Ce mĂ©lange liquide sucrĂ© Ă  base de pĂąte d’arachide, de pulpe de pain de singe et de farine de mil roulĂ©e cuite, est surtout prĂ©parĂ© Ă  l’occasion de fĂȘtes religieuses. Enfin, la pulpe est Ă©galement utilisĂ©e comme acidifiant dans la cuisine traditionnelle.
L’enquĂȘte a Ă©galement permis de caractĂ©riser les procĂ©dĂ©s traditionnels d’élaboration du jus de fruit qui correspond en fait Ă  un nectar. Le schĂ©ma technologique suivi est assez constant (Figure 2). Quelques variantes ont cependant Ă©tĂ© relevĂ©es principalement lors des opĂ©rations de lavage (nombre de lavages, tempĂ©rature de l’eau), d’extraction (durĂ©e du trempage et du malaxage, ratio eau/pulpe utilisĂ©) et de formulation (quantitĂ© de sucre, aromatisation).
Figure 1. Principales utilisations alimentaires traditionnelles de la pulpe de fruit au Sénégal et fréquences de citation dans la population interrogée.
Ng = Ngalakh ; Uti = Utilisations culinaires diverses ; Sa = Sauces ; Co = Compléments alimentaires.
Ces boissons ne sont jamais stabilisĂ©es. Elles peuvent ĂȘtre conservĂ©es Ă  l’état rĂ©frigĂ©rĂ© pendant quelques jours. A la suite de cette Ă©tude, un procĂ©dĂ© standard de transformation de la pulpe en nectar a Ă©tĂ© dĂ©fini. Dans ces conditions la boisson obtenue prĂ©sente un extrait sec soluble d’environ 17 g/100g, un pH de 3,3 et une aciditĂ© titrable de 4 meq/100mL.
4.2.Caractérisation biochimique de la pulpe
Les principaux rĂ©sultats obtenus sont prĂ©sentĂ©s dans le Tableau 1. Certaines caractĂ©ristiques sont remarquablement constantes quelque soit la provenance de l’échantillon. La teneur en eau de la pulpe est trĂšs basse (6-7 %). Elle est un peu plus Ă©levĂ©e pour l’échantillon n° 3 (7,5 %) qui provient d’une zone plus humide.
Ces valeurs sont comparables Ă  celle trouvĂ©e par Nour et al. (1980) [7], mais faibles par rapport au 9,7 % annoncĂ© par Ferre (1939) [8]. Compte tenu de la faible humiditĂ© de la pulpe, la teneur en glucides est trĂšs Ă©levĂ©e. On y trouve, en accord avec [9]  plus de 40 %  d’amidon. Les sucres rĂ©ducteurs sont par contre peu reprĂ©sentĂ©s (4 %) alors que Nour et al. (1980) [7] avaient obtenu 19 %. Cet Ă©cart considĂ©rable peut ĂȘtre liĂ© Ă  la matiĂšre premiĂšre ou au diffĂ©rentes mĂ©thodes d‘analyse utilisĂ©es. La teneur en minĂ©raux est trĂšs Ă©levĂ©e pour un fruit (5 %). Celle en matiĂšre grasse oscille entre 0,5 et 0,8 % ce qui correspond aux rĂ©sultats obtenus par Ferre (1939) [8] mais est plus Ă©levĂ© que les teneurs prĂ©sentĂ©es par Nour et al. (1980) [7] (0,2 %). En accord avec Nour et al. (1980) [7], la pulpe contient environ 2 % de protĂ©ines.
Pour tous les Ă©chantillons, l’aciditĂ© titrable de la pulpe est trĂšs Ă©levĂ©e. Elle contient Ă©galement une quantitĂ© importante de vitamine C. Notons que, par rapport aux autres caractĂ©ristiques, une plus grande variabilitĂ© de composition est mise en Ă©vidence. L’échantillon n° 3 provenant de Kolda est  deux  fois moins  acide (35 meq/100g) que les autres (73 meq/100g en moyenne). Il contient Ă©galement environ 2 fois moins de vitamine C (126 au lieu de 239 mg/100 en moyenne). L’incidence des conditions pĂ©doclimatiques, du stade de maturitĂ© du fruit Ă  la rĂ©colte et des conditions de stockage de la pulpe, sont autant de facteurs qui peuvent expliquer ces variations.

Le fruit du baobab bio ou pain de singe séché naturellement

Le fruit du baobab bio ou pain de singe séché naturellement

Fruit décoqué
100 kg
Tri Lavage
0 – 3 lavages eau
30 ou 100 °C [30]
Trempage
5 – 480 min [100]
30 °C
Malaxage
5 – 15 min [7]
30 °C, manuel
Tamisage
0,4 – 0,5 mm [0,5]
30 °C
Eau
100 – 500 L [265]
Nectar
150 – 600 L [230]
Sucre
50 – 125 kg [68]
Autres
Lait, extrait vanille, jus de fruit
Conditionnement
Bouteilles plastique
Stockage
1 – 7 j [2]
4 °C
Formulation
Graines/fibres
4.3.Evolution de la composition de la pulpe au cours du stockage
Afin d’évaluer la stabilitĂ© de la pulpe et l’incidence du stockage sur sa qualitĂ©, l’évolution de sa composition au cours d’un stockage Ă  tempĂ©rature ambiante (30 °C) a Ă©tĂ© suivie pendant 35 j (conditionnement en poches plastique non-Ă©tanches). La teneur en eau de la pulpe augmente significativement pendant le stockage (+80% en 1 mois). Le caractĂšre hygroscopique de la pulpe est donc mis en Ă©vidence. Durant le stockage, la teneur an vitamine C passe de 126 Ă  94 mg/100g (base sĂšche). Cette diminution rĂ©sulte probablement d’une dĂ©gradation oxydative de l’acide ascorbique. Une augmentation de l’aciditĂ© titrable de la pulpe est Ă©galement notĂ©e (+50 % aprĂšs 35 j). Ces Ă©volutions pourraient ĂȘtre d’origine biochimique. Compte tenu de la faible teneur en eau du produit, il est peu probable qu’elles soient liĂ©es Ă  un dĂ©veloppement microbien. Nous avons Ă©galement constatĂ© une Ă©volution de la couleur de la pulpe : elle fonce pendant le stockage.
Ces rĂ©sultats montrent que d’importantes modifications de composition peuvent intervenir pendant le stockage. Pour limiter la reprise en eau et les phĂ©nomĂšnes oxydatifs, l’utilisation d’emballages Ă©tanches et opaques doit ĂȘtre envisagĂ©e.
4.4 Transformation de la pulpe en nectar
4.4.1 Préparation du nectar
Le nectar a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© en se basant sur la procĂ©dure prĂ©sentĂ©e sur la Figure 2. La sĂ©paration de la pulpe des graines et des fibres est rĂ©alisĂ©e par trempage, puis tamisage (1kg de pulpe dans 3L d’eau). En effet, la sĂ©paration de la pulpe des graines et des fibres peut ĂȘtre aisĂ©ment obtenue en associant un trempage Ă  froid de 30 min, Ă  un malaxage de 4 min.

Tableau 1. Principales caractéristiques biochimiques de la pulpe pour 100g de matiÚre sÚche.

Echan-

tillons

Humidité*

(g)

Amidon

(g)

Sucres réduc.

(g)

Acidité

titrable

(meq)

Cendres

(g)

MatiĂšres grasses

(g)

Proté-

ines

(g)

Vit. C

(mg)

N°1

Balla

6,3

41,4

3,8

77,3

6,3

0,5

2,6

195

N°2

KĂ©dougou

6,6

42,3

3,9

69,0

5,2

0,8

2,1

209

N°3

Kolda

7,5

35,0

4,3

0,5

1,8

126

N°4

ThiĂšs

6,2

42,1

3,6

73,1

4,7

0,7

2,3

312

* pour 100g de matiĂšre fraĂźche.
Pour les essais, la quantitĂ© de sucre ajoutĂ© lors de l’étape de formulation a Ă©tĂ© fixĂ©e Ă  47 kg pour 100 kg de fruit afin d’obtenir un nectar final Ă  13 % d’extrait sec soluble. Cette boisson prĂ©sente un pH de 3,3, une aciditĂ© titrable de 3,8 meq/100mL, des teneurs en matiĂšre sĂšche totale, vitamine C, cendres et protĂ©ines respectivement de 14,6 g/100g, 13 mg/100g, 0,17 g/100g et 0,15 g/100g. Elle ne se conserve que 4 j Ă  4 °C car au-delĂ , des modifications significatives de couleur et de flaveur sont dĂ©tectĂ©es.
4.4.2 Pasteurisation
Les rĂ©sultats des analyses microbiologiques sont prĂ©sentĂ©s dans le Tableau 2. La pulpe du fruit est peu contaminĂ©e avec une flore aĂ©robie totale de l’ordre de 4 103 ufc/g. En terme microbiologique, l’efficacitĂ© du traitement thermique utilisĂ© semble dĂ©montrĂ©e et le produit obtenu est conforme aux normes en vigueur pour les nectars pasteurisĂ©s. La composition du nectar est peu modifiĂ©e par la pasteurisation bien qu’une perte de 10 % soit notĂ©e pour la vitamine C. En revanche, les tests sensoriels montrent que l’arĂŽme et la couleur du nectar sont significativement affectĂ©s par le traitement. En complĂ©ment de cette Ă©tude, des tests de conservation ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. MalgrĂ© les bons rĂ©sultats des analyses microbiologiques, des modifications de flaveur du nectar pasteurisĂ© ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©es aprĂšs 11 j de stockage Ă  4 °C.
Tableau 2. RĂ©sultats des analyses microbiologiques

Analyses

Pulpe

(ufc/g)

Nectar frais

(ucf/mL)

Nectar pasteurisé

(ucf/mL)

FMAT

3,7.103

5,6.105

< 10 2

Bactéries lactiques

5.10 2

1,6.102

Absence dans 1 mL

Levures

<10

<10

Absence dans 0,1 mL

Moisissures

2,0.10 3

3,4.103

< 10 2

Coliformes

<10

<10

Absence dans 1 mL

4.4.3 Microfiltration

Compte tenu du diamĂštre de pores de la membrane utilisĂ©e (0,2 m), la filtration permetd’obtenir un permĂ©at stĂ©rile. Dans les conditions testĂ©es, la densitĂ© de flux de permĂ©at se stabilise aprĂšs 30 min de filtration Ă  25 L/h.mÂČ. Ces performances, faibles par rapport Ă  celles habituellement obtenues sur d’autres jus de fruit, sont probablement liĂ©es Ă  la viscositĂ© Ă©levĂ©e du produit. Elles devraient nĂ©anmoins pouvoir ĂȘtre amĂ©liorĂ©es en optimisant les conditions de filtration (vitesse tangentielle, tempĂ©rature) ou en y associant un traitement enzymatique. La composition en solutĂ©s du permĂ©at n’est pas significativement diffĂ©rente de celle du nectar initial. La stĂ©rilitĂ© du permĂ©at, qui est thĂ©oriquement garantie sur ce type de membrane, n’a pu ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e suite Ă  des problĂšmes de contamination des Ă©chantillons lors des prĂ©lĂšvements. L’évaluation sensorielle de nectars reconstituĂ©s Ă  partir de permĂ©at et de rĂ©tentat a montrĂ© que la couleur et le goĂ»t sucrĂ© du produit sont peu diffĂ©rents de ceux du nectar frais. Par contre, l’arĂŽme et le caractĂšre pulpeux semblent significativement attĂ©nuĂ©s par le traitement.

5. CONCLUSION
La pulpe du fruit du baobab, caractĂ©risĂ©e par son aciditĂ©, sa teneur en vitamine C, un taux de lipides et de protĂ©ines assez faible, donne aisĂ©ment une boisson de type nectar. Certains constituants du fruit Ă©voluent en fonction des zones de production et au cours du stockage. La stabilisation du produit par pasteurisation et microfiltration rĂ©duit la flore totale et prolonge de quelques jours la durĂ©e de conservation. Cependant des modifications organoleptiques sont constatĂ©es aprĂšs traitement. Dans la perspective d’une transformation Ă  plus grande Ă©chelle, des Ă©tudes complĂ©mentaires doivent ĂȘtre entreprises : Ă©tude de la matiĂšre premiĂšre au cours du stockage, recherche d’un procĂ©dĂ© de stabilisation du nectar affectant le moins possible sa qualitĂ©, et Ă©ventuellement rĂ©alisation  d’un prĂ©traitement enzymatique.


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Propriétés utilisations feuilles de Baobab bio

Le Baobab, Adansonia digitata, (aussi connu sous le nom boab, boaboa, arbre bouteille et l’arbre Ă  pain de singe) est un arbre tolĂ©rant la sĂ©cheresse, et commun Ă  une grande partie de l’Afrique subsaharienne. Les espĂšces atteignent des hauteurs comprises entre 5-25 m (exceptionnellement 30 m) de hauteur, et jusqu’Ă  7 m (exceptionnellement 11 m) de diamĂštre du tronc.

Propriétés utilisations feuilles de Baobab

Propriétés utilisations feuilles de Baobab

Ils sont connus pour stocker l’eau Ă  l’intĂ©rieur du tronc gonflĂ©, avec la capacitĂ© de stocker jusqu’Ă  120.000 litres d’eau pour supporter les dures conditions de sĂ©cheresse particuliĂšre pour les rĂ©gions de l’Afrique subsaharienne prĂšs de l’ Kalahari et le dĂ©sert du Namib.
C’est un arbre trĂšs souple, ces jeunes feuilles peuvent ĂȘtre soit palmĂ©es soit simples. Les feuilles de Baobab sont souvent cueillies et consommĂ©s comme des Ă©pinards. Les feuilles sont Ă©galement sĂ©chĂ©es et rĂ©duites en poudre plus ou moins fine pour des tisanes.
Comme le sassafras, la feuille de baobab est utilisĂ©e comme un Ă©paississant dans les soupes et les ragoĂ»ts (notamment en Afrique occidentale). La plus cĂ©lĂšbre des soupes Ă©tant kuka, soupe nigĂ©riane (KUKA est le mot nigĂ©rian pour Baobab). Les feuilles de Baobab sont Ă©galement souvent utilisĂ©es Ă  la fois comme un arĂŽme et un Ă©paississant pour couscous. Pour activer la croissance des baobabs, le foliaire peuvent ĂȘtre Ă©mondĂ©s et de grands champs de jeunes baobabs sont souvent cultivĂ©s pour leurs feuilles seulement.
La pulpe du fruit sec, aprĂšs la sĂ©paration des graines et des fibres, est consommĂ© directement ou mĂ©langĂ© Ă  du gruau ou de lait. Les graines sont plus utilisĂ©s comme Ă©paississant pour les soupes, mais peuvent ĂȘtre Ă©galement fermentĂ©s pour l’assaisonnement, rĂŽti, ou pilĂ©es pour en extraire l’huile vĂ©gĂ©tale antioxydant. L’arbre fournit Ă©galement une source de fibres, de colorant et de carburant.
Le SĂ©nĂ©gal est un des plus grands producteurs commerciaux de poudre de feuilles de baobab et c’est un aliment de base de la cuisine sĂ©nĂ©galaise, mais il est trĂšs difficile d’en trouver dans les grandes villes, Ă  moins que vous alliez les grands marchĂ©s.
Les feuilles de baobab sont trĂšs riches en vitamine C , c’est ainsi un complĂ©ment alimentaire important dans l’alimentation de l’ Afrique de l’Ouest.
Le baobab africain, Adansonia digitaga rend hommage Ă  Michel Adanson, naturaliste et explorateur français qui a dĂ©crit un digitata. Le baobab est parfois appelĂ© familiĂšrement «l’arbre Ă  l’envers”, un nom dĂ©rivĂ© de la lĂ©gende arabe qui prĂ©tend que le diable sorti de l’arbre et l’a plantĂ© Ă  l’envers. Cette lĂ©gende vient probablement d’un ancien conte africain. Ce mythe raconte que, aprĂšs la crĂ©ation du monde chacun de ces animaux a reçu un arbre Ă  planter et que la hyĂšne a plantĂ© le baobab Ă  l’envers.

l'arbre baobab type adansonia digitata en feuille à la saison humide au Sénégal

l’arbre baobab type adansonia digitata en feuille Ă  la saison humide au SĂ©nĂ©gal

L’activitĂ© antioxydante de la feuille de Baobab

Des études récentes ont montré que les feuilles du baobab ont une activité antioxydante marquée, à la fois hydrosoluble et liposoluble, la prévention et la lutte contre la formation de radicaux libres.
Orac TOTAL
Phénols
mg / g Les flavonoĂŻdes TOTAL
mg / g ORAC
T umol
E / g
3,70 3,60 166,28
PCL (ACL) Trolox pmol / g
24,5
PCL (ACW) umol ascorbique / g
23
test DPPH IC 50 pg / ml
189,10
carotĂšne ÎČ
blanchiment d’essai 100 pg / ml 500 pg / ml 1,000 ug / ml
29,16 43,75 55,20

COMPOSITION CHIMIQUE DE BAOBAB feuilles séchées
Exprimé en mg / 100 g
Composition Quantité Note
Calcium 2.266 Dans les feuilles fraĂźches
180 Ă  343 mg / 100 g. sur
Phosphore 26,1
La vitamine C Trace Dans les feuilles fraĂźches
38 Ă  53 mg / 100 g. sur
Thiamine 0,13
Riboflavine 0,82
Niacine 4,83 Equivalent Ă  4856 mcg de vitamine A

Composition de la feuilles séchées de Baobab :
Aminoacides / 1 g de Mg
de protéines Pourcentage global
L’acide aspartique 10.3 9,7%
L’acide glutamique 13.4 12,6%
Serine 4.7 4,4%
Glycine 6,0 5,6%
Histidine 2.1 2,0%
Arginine 8.5 8,0%
Thréonine 4.1 3,9%
Alanine 6.9 6,5%
Proline 5.6 5,3%
Tyrosine 4.5 4,2%
Valine 6.3 5,9%
La méthionine 2.4 2,3%
Isoleucine 6.7 6,3%
Leucine 8.7 8,2%
Phénylalanine 5.7 5,4%
Cystéique Acid 2.7 2,5%
Lysine 6.1 5,7%
Tryptophane 1.6 1,5%
Total 106.3 100,0%