[Total : 0    Moyenne : 0/5]

LA VALEUR SOCIALE DU BAOBAB, LA PALABRE EST UNE COUTUME DE RENCONTRE ET DE CRÉATION OU DE MAINTIEN DE LIEN SOCIAL

baobab-e-case

Elle apparaît comme une véritable institution sociale à laquelle participe toute la population ou une partie de la communauté d’un village. Cette coutume permet également de régler un contentieux sans que les protagonistes ne soient lésés. En Afrique, on se réunit au pied de l’arbre à palabre, généralement le baobab, pour discuter des décisions importantes à prendre pour l’avenir d’une communauté.

Le baobab ou l’adansonia digitata, est un arbre qui a beaucoup d’importance en Afrique sub-saharienne. Il a une durée de vie qui peut dépasser 1000 ans. Le mot baobab vient de l’arabe buhibab qui veut dire «nombreuses graines». En effet le baobab produit un fruit que l’on appelle Pain de singe . Il possède une énorme valeur culturelle, sociale et symbolique car il est l’arbre sous lequel les griots s’installaient pour conter à l’ombre, mais également l’endroit idéal où se réunissent les anciens. On l’appelle d’ailleurs l’arbre à palabre et il fait office de “détecteur de mensonges” car il est le gardien de la vérité. Ainsi, des personnes peuvent jurer sous l’arbre quand on met en doute une de leurs affirmations. Selon les croyances,  cet arbre reste un arbre très mystique. Il a inspiré plusieurs légendes africaines, certains disent qu’un démon a arraché l’arbre, planté ses branches dans le sol et laissé ses racines en l’air.

Le baobab Adansonia digitata

Le baobab Adansonia digitata

Au Sénégal, les griots y sont enterrés. Le griot occupe en pays sérère, comme dans une bonne partie de l’Afrique noire, le bas de l’échelle sociale. Méprisés et redoutés, les griots, mais aussi leurs femmes et enfants, n’étaient pas enterrés en pleine terre. En effet, s’ils l’étaient, le sol serait rendu stérile pour toujours. Lors du cérémonial funéraire, le griot revêtu de ses plus beaux vêtements, était porté jusqu’au baobab creux. A l’arrivée devant le baobab, les jeunes gens se précipitaient pour entrer les premiers, en se livrant à une lutte armée acharnée. Le combat ne cessait que lorsqu’un deuxième combattant a vaincu le premier : tous deux faisaient alors entrer le griot dans l’arbre sous les applaudissements et les chants d’éloges des femmes. Les deux vainqueurs étaient considérés comme des héros pour les jeunes filles, tandis que les autres jeunes hommes, vaincus au cours de cette lutte, avaient perdu leur honneur et avili leur famille. Au Burkina Faso, dans la région de Dakoro, on retrouve ce même mode de sépulture, exclusivement réservé aux lépreux et pratiqué par tous les Dogon de la plaine. Toutefois, ce sont les baobabs ayant une seule ouverture vers le haut qui étaient privilégiés ; les corps étaient alors descendus verticalement dans le creux. Ce mode de sépulture était provoqué par la crainte de cette maladie et le fait que si le cadavre était mis en pleine terre, la pluviométrie deviendrait insuffisante et que le sol, les céréales cultivées, les puits seraient souillés.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*