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Cet arbre a toujours frappé l’imagination autant par sa forme que par sa grosseur et différentes suppositions ont été faites sur l’âge qu’il pouvait atteindre.

Le botaniste Michel Adanson estima que certains baobabs d’envergure exceptionnelle pouvaient attendre 5 000 à 6 000 ans ce qui remettait en question la datation biblique du Déluge censé n’avoir eu lieu que 4 000 ans auparavant. A l’époque, de nombreux scientifiques firent part de leur désaccord sur ces estimations. En tous les cas, il signale avoir vu en 1749 au Sénégal sur l’île de Madeleine des spécimens avec des inscriptions remontant au XVe siècle, mais ces baobabs ont depuis disparu.
Le baobab ne se prête pas à une évaluation de l’âge au-delà de cinquante ans par la numération des cercles annuels d’accroissement (étude dendrochronologique) puisque pour les gros sujets, la partie centrale du tronc se résorbe peu à peu avec l’âge.

Tronc d'arbre de baobab de type Adansonia digitata

Tronc d’arbre de baobab de type Adansonia digitata

Le bois étant constitué essentiellement de fibres, les cernes de croissance sont souvent assez mal définies. En 1963, un chercheur (E.R. Swart) ayant eu des échantillons de bois du cœur d’un baobab de 4,5 mètres de diamètre abattu près du lac Kariba dans la vallée du Zambèze a pu dater cet échantillon au carbone 14 et estimer son âge à 1010 ± 100 ans. Les 2 autres datations réalisées dans ce même baobab au milieu (740 ± 100 ans) et vers sa bordure extérieure ont permis de calculer une croissance moyenne assez rapide de 3 cm de diamètre par an pour les années les plus récentes. Certains ont également proposé, sur la base d’une loi empirique, d’estimer l’âge des arbres à partir de la circonférence du tronc. Mais on ne peut toutefois utiliser de relation linéaire entre âge et circonférence car la vitesse de croissance n’est pas constante au cours de la vie d’un individu et les baobabs les plus gros ne sont pas nécessairement les plus vieux.
Des suivis de sujets ont été réalisés au Sénégal et en Côté d’Ivoire, les taux de croissance observés variaient entre 2 et 3,5 cm par an. Il semble toutefois que cette croissance s’abaisse très rapidement au bout de 20 ans.
Il est donc très difficile d’évaluer l’âge des baobabs et il semblerait qu’ils soient généralement plus jeunes qu’on ne le croit. Depuis 40 ans, aucune autre datation C14 n’a été à ma connaissance réalisée sur de vieux sujets ce qui laisse encore à ce jour bien des mystères sur l’âge de ces arbres souvent qualifiés de millénaires.

l'arbre baobab type adansonia digitata en feuille à la saison humide au Sénégal

l’arbre baobab type adansonia digitata en feuille à la saison humide au Sénégal

L’un des plus gros baobabs actuellement connus dans le monde, sinon le plus gros, se trouve dans la région de Limpopo, près de Sagole, dans la Province nord en Afrique du Sud. Son diamètre atteint la dimension impressionnante de 13,7 m et mesure au total 38 mètres de tour de tronc; l’une des branches les plus basses repose même directement au sol.
Au Sénégal, les plus gros baobabs répertoriés ont des périmètres de plus de 20 m soit des diamètres dépassant les 6 à 7 mètres. Le baobab de l’ellipse du Point E, près de la Cité universitaire de Dakar, présentait une circonférence de 20,30 m mais a été abattu en 1971. Enfin, le célèbre baobab des griots de Ouakam en banlieue de Dakar, qui a été signalé et décrit par Adanson, il y a presque trois siècles, a été abattu en 1959 et mesurait 22,50 m de circonférence.

Sources : Futura Sciences par S. GARNAUD


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