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DECOUVERTE… BAOBAB CIMETIERE DE SINDIA : «Gouye Guéwel», témoin d’une tradition d’inhumation des griots sérères

Dans la société ancienne des Sérères, les griots morts n’étaient pas enterrés. Selon une vieille croyance, les enterrer symboliserait la rétention de l’eau dans le ciel. Et pour cette raison, ils étaient déposés et superposés dans des trous de baobab.

SINDIA – L’adansonia digitata, communément appelé baobab, est bien connu des Sénégalais et principalement des Africains du fait de ses nombreuses vertus. C’est un arbre à usage multiple et à la longévité exceptionnelle. Partout en Afrique, ses différentes parties (racines, écorces, feuilles, pulpe et graines) sont utilisées à des fins thérapeutiques, nutritionnelles, voire commerciales. Cependant, le baobab revêt un statut particulier dans les ethnies Sérères avant la période post indépendance. Dans plusieurs provinces sérères, ces arbres géants abritaient les tombeaux d’une certaine caste, notamment des griots. Une communauté qui se caractérise dans la société sénégalaise et africaine par la maîtrise de la tradition orale et culturelle.

Le griot est ainsi considéré comme étant le dépositaire de la tradition orale. Mais cette parfaite maîtrise de la tradition orale et culturelle ne leur donne pas le droit de se reposer dans les cimetières des «nobles» une fois la mort survenue. Dans la tradition païenne, les ethnies sérères n’enterraient pas leurs griots, ils les déposaient à l’intérieur des troncs creux de gros baobabs. Une tradition qui a été longuement conservée par ces derniers jusqu’au XXe siècle. Si dans d’autres provinces comme à Kahone (une localité située à 5 km nord-est de Kaolack), le roi déposait les dépouilles d’une catégorie de griots dans les baobabs pour les honorer, c’est le contraire qui se produisait dans les autres ethnies sérères, comme à Fimela, à Nianning, à Sindia et autres lieux du pays.

Un baobab pour tombeau

Un baobab pour tombeau

 

En visite à Sindia Lorome au «Gouye Guéweul», comme l’appellent communément les résidents de cette localité, l’on nous fait découvrir un de ces baobabs-cimetières des griots parmi les trois qui se trouvent dans le village de Sindia.  Situé à quelques jets de la route nationale n°1, sur l’axe Dakar-Mbour, «Gouye Guéweul» est bien connu des populations de Sindia qui venaient visiter et découvrir le secret de ce pittoresque site témoin d’une pratique vieille de plus de 70 ans. Autrefois, le baobab était perdu au milieu de la forêt, mais aujourd’hui, avec la déforestation et le désenclavement, l’arbre est visible sur tous ses angles. Sur ses 20 mètres de haut et 15 mètres de diamètre environ, le majestueux et gigantesque baobab tombeau garde jalousement son secret. A l’approche du baobab sacré, la vue est fascinante. Les trous qui longent le long de l’arbre donne un aperçu sur la situation historique du baobab cimetière. On y dénombre 6 trous.

«Enterrer un griot serait synonyme de sécheresse ou de saisons des pluies moins abondantes»

A proximité de ces trous, l’on observe aisément les ossements humains (crânes, côtes, tibias) qui sont au fond du baobab. «Les 6 trous qui y figurent étaient utilisés pour faire passer le défunt que l’on déposait au cœur de l’arbre», révèle notre guide, Moussa Waly Ciss. Et de préciser : «Les griots morts étaient déposés dans les baobabs parce que, selon la tradition ancienne des Sérères, enterrer un griot serait synonyme de sécheresse ou de saisons des pluies moins abondantes».

Rappelons que cette localité de Sindia est majoritairement habitée par des Sérères. Et pourtant, avant la période poste coloniale, ce terroir était le fief des Socés. D’ailleurs, c’est cette ethnie qui baptisa le village Sindia, un mot qui signifierait restez ici – où l’espace est sécurisé mystiquement – tout habitant et visiteur qui y accèdent. C’est après le départ des Socés que ce territoire fut occupé par les Sérères. Ce sont ces derniers qui seront les acteurs de cette pratique. Selon la dame Adama Diouf, sa communauté a souffert de cette «injustice» pendant deux décennies. «Je ne connais pas le nombre exact de corps qui ont été déposés dans ce baobab. Mais je suis en mesure de vous révéler qu’ils sont une vingtaine. C’est une pratique qui a duré des années et des années», révèle la dame que nous avons trouvée assise devant un magasin avec sa marchandise étalée à même le sol. «Au temps, ce n’est pas n’importe qui, qui faisait entrer le défunt dans le trou du baobab. Il fallait être un mystique, armer de pouvoir surnaturel pour le faire», confie A. Diouf avant d’ajouter : «C’était un certain Samba Faye qui déposait les morts à l’intérieur du baobab».

Mais cette façon d’inhumer n’était pas chose aisée. Car à en croire la dame, «celui qui doit déposer le corps dans le baobab devait arrêter de respirer pendant tout le temps qu’il se trouve à l’intérieur du baobab cimetière. Sinon un grand malheur aller s’abattre sur lui». Sur les raisons de ces conditions d’inhumation, Adama Diouf, issue d’une lignée de griots s’indigne : «Ils disposaient les corps dans ces trous de baobab parce qu’ils ne respectaient pas notre dignité humaine».

Une position qui est renforcée par un de ses pairs Soulèye Faye. D’après ce dernier, «leurs actions étaient guidées par l’ignorance». «Ce baobab était notre cimetière et la pluie tombait. Aujourd’hui, nous sommes inhumés sous terre et le ciel continue de pleuvoir. Ceci explique tout simplement qu’ils étaient des païens et qu’ils ne croyaient en rien», se désole Soulèye Faye.

Notons que par manque d’études scientifiques et de datation des ossements, il est quasiment impossible de dire le nombre exact de corps qui reposaient dans ce baobab et depuis quand ils y sont.

ADAMA DIOUF, PETITE-FILLE DE NDEBANE DIOUF, DERNIERE A ETRE ENTERREE DANS LE BAOBAB : «Ma grand-mère et mon frère ont été enterrés dans ce baobab tombeau»
SINDIA – Dans la communauté actuelle des griots de Sindia, il est rare, voire impossible, de trouver un témoin oculaire de ces séries d’enterrements. Les quelques rares personnes capables de témoigner sur les faits n’étaient pas nées ou encore trop jeunes pour se rappeler véritablement de ces événements. Mais en bonne conservatrice de la tradition orale, Adama Diouf, âgée de plus de 70 ans, nous raconte l’histoire que sa grande mère et son frère ont vécue. Ce, d’autant plus que sa grand-mère a été la dernière personne a être inhumée dans ce baobab.

«La dernière personne à être enterrée dans ce baobab est mon aïeule. C’est la maman de mon père et elle s’appelait Ndébane Diouf. C’est elle qui fut la dernière griotte a être inhumée dans ce baobab», renseigne Adama Diouf. Elle explique, qu’avant sa grand-mère, un autre membre de sa famille a été enterré dans le baobab cimetière. «Mon petit frère du nom d’Aliou Diouf est lui aussi enterré dans ce baobab. Ma grand-mère et mon frère ont été enterrés dans ce baobab tombeau», confie Adama Diouf. «Des membres de ma famille reposaient dans ce baobab. Mais tout cela, c’était à cause de l’ignorance, car nous sommes tous des descendants d’Adama et Awa. Maintenant, nos enfants ont grandi et appris le Coran. Et tout cela est à ranger aux oubliettes».

MALGRE LA CESSATION DE LA PRATIQUE DU BAOBAB CIMETIERE : Les griots de Sindia n’enterrent toujours pas leurs morts dans le même cimetière que les Sérères

SINDIA – Lorsque que les religions révélées ont été en pleine expansion au Sine et au Walo, les Sérères ont commencé à se convertir et à abandonner progressivement certaines pratiques païennes. Mais il a fallu attendre l’arrivée de l’islam et la conversion grandissante de cette ethnie pour pouvoir abolir de manière définitive cette pratique. La cessation des cultes païens s’est produite de plusieurs manières, et selon plusieurs formes.

Contrairement aux griots de Fimela qui se sont rebellés, de manière violente, pour mettre fin à la pratique de l’inhumation de leurs morts dans les baobabs cimetières, ceux de Sindia et de ses environs ont attendu jusqu’au lendemain des indépendances pour s’y opposer. C’est sous la houlette du vieux Dibor Diouf que la communauté de griots de Sindia, éprise de justice, est allée auprès du chef de canton d’alors, Aladji Socé Sall, pour demander l’octroi d’un terrain afin d’y inhumer ses morts dans les règles de l’art.

Selon les récits de nos interlocuteurs, c’est après leur conversion à l’islam que leurs parents païens se sont démarqués de cette tradition qui a longtemps écœuré les griots sérères. Ainsi, se rappelle A. Diouf, «nos grands parents se sont regroupés pour faire savoir à la communauté que tous les hommes naissent égaux et que désormais les griots doivent enterrer leurs morts comme le prédit l’islam». A l’en croire, c’est son grand père qui fut le premier à bannir cette pratique. «Mon grand-père, Modiane Diouf, a été le premier à interdire cette pratique. Après sa conversation à l’islam, il est allé chercher un espace dans les champs des Sérères pour en faire un cimetière», renseigne-t-il en indiquant qu’à la mort des jumeaux d’Ablaye Faye, ce dernier s’est révolté et les a enterrés dans les champs des Sérères qui deviendront leur cimetière. «Adama et Awa sont les premiers défunts de notre descendance à être inhumés de façon humaine», dit Adama Diouf.

Si cette conversion à la religion musulmane et les démarches auprès des chefs religieux comme Ababacar Sy ont été déterminantes dans la cessation de cette pratique, l’on nous signale aussi que les indépendances ont eu un effet considérable dans l’abandon de cette forme d’inhumation. «Au lendemain des indépendances, Senghor a mis fin à cette pratique», explique Soulèye Faye qui rajoute que «Senghor a fait remarquer à la communauté que si nous payons tous les mêmes impôts, on doit en retour avoir le droit d’inhumer nos morts dans des cimetières. Et depuis, nous avons notre propre cimetière, mais qui est différent de celui du reste de la communauté Sérère».

Effectivement, confirme le chef de village de Sindia, Ibrahima Seck, les griots ont leur propre cimetière qui est différent de celui du reste de la population. Ayant préféré souscrire aux propos des griots Soulèye Faye et Adama Diouf, du fait, dit-il «de la sensibilité du sujet», il fait noter que dans ce village sérère, «le débat sur l’historique du baobab est considéré comme un sujet tabou, et les descendants de cette communauté ne veulent plus parler d’une pratique vieille de plus de 70 ans».

CONSIDERE COMME UN BAOBAB SACRE : «Gouye Guéwel» ne doit pas être un lieu touristique, selon les griots
SINDIA – Contrairement aux baobabs de Kahone, de Nianing et de la réserve de Bandia, qui sont devenus un patrimoine national sacré et ouvert au grand public, celui de Sindia reste fermé aux visiteurs et aux touristes.

A Sindia, «Gouye Guéwel» ne connaît pas la grande affluence. Les visites sont réduites et les lieux sont quasi déserts. Le baobab tombeau est renfermé sur lui-même. N’eussent été ses nombreux trous qui attirent l’attention des curieux et les quelques ossements à l’intérieur de l’arbre, on n’oserait pas croire que ce baobab fut un lieu d’enterrement des griots. Et pour cause, les familles des griots refusent l’accès aux antiquaires et les inconditionnels touristes qui veulent fouiller dans leur passé.

Pourtant, vers les années 1990 et 2000, ce lieu était ouvert au public. Si la communauté des griots a pris la décision de fermer l’endroit, c’est parce que des malfrats y faisaient des pratiques malsaines. Pour Soulèye Faye et compagnie, les injustices qufont vécues leurs arrières grands parents ne doivent pas être source de revenus pour quiconque. «Il fut des temps, ils vendaient les ossements aux blancs et cela nous faisaient trop mal. Et malgré nos multiples sommations, les antiquaires continuaient de vendre les crânes et les os de nos ancêtres aux blancs», indique Soulèye Faye. Poursuivant il ajoute : «Personne d’entre-eux n’accepterait qu’on déterre ses parents et qufon vende ses restes aux touristes».

«Nous sommes prêts à nous sacrifier pour que ces pratiques cessent. C’est une page qu’il faut tourner. Même pour des milliards de francs Cfa nous nfaccepterons pas que les ossements de nos parents soient retirés du baobab et vendus à des inconnus, ou en faire un site touristique. Il en va de notre dignité», prévient M. Faye. Et de révéler que «quand les antiquaires ont persisté à vendre les restes de nos aïeux, nous avons recueilli tous les ossements qui se trouvaient dans le baobab et on les a mis dans un sac pour ensuite les enterrés dans une fosse quelque part dans la forêt».


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Fable du baobab

Leuk (le lièvre) était épuisé : il avait parcouru la brousse tout la journée sans trouver le moindre brin d’herbe pour lui et sa famille.

Son moral était au plus bas quand il aperçut un immense baobab dont l’ombre lui sembla rafraîchissante. Et effectivement, elle l’était !

Aussi, à peine allongé, s’endormit-il. Quand il se réveilla, il se sentit en pleine forme et fut empli d’un tel sentiment de gratitude qu’il s’écria : « Ô baobab ! Que ton ombre est douce, rafraichissante et reposante ! ».

A ces paroles le cœur du baobab se gonfla de joie et il répondit :

– « que dirais-tu si tu goûtais mes feuilles ! »

Leuk s’exclama :

– « Baobab, sans vouloir te manquer de respect, ne me prendrais-tu pas pour un singe ? Tes branches sont bien trop élevées pour qu’un malheureux lièvre comme moi puisse y grimper ! »

Le baobab laissa tomber sur Leuk une pluie de feuilles qu’il s’empressa de goûter.

– « Ô Baobab que tes feuilles sont toniques ! Je me sens tout revigoré, ma fatigue s’est envolée »

De nouveau le Baobab sentit son cœur se dilater de bonheur et il dit :

– « Que dirais-tu si tu goûtais mes fruits »

Leuk rétorqua en riant :

– « Ô Baobab tes fruits sont tout autant hors de portée pour moi que tes feuilles ! »

Le baobab lui en fit tomber alors entre les pattes. Leuk les goûta et s’émerveilla : « Ô ! Baobab ! Tes fruits ont fondants, moelleux, subtilement acidulés, désaltérants, jamais je n’ai rien goûté de si savoureux, délicieux, merveilleux…. »

Le baobab crut que son cœur allait exploser de joie et il s’écria joyeusement :

– «Que dirais-tu si tu voyais mon intérieur ! »

Pour le coup, Leuk retrouva son sérieux et dit sur un ton de reproche :

– « Ô Baobab, pourquoi te moques-tu de moi ? Qui a jamais vu l’intérieur d’un baobab ? »

Mais à sa grande surprise le tronc du Baobab s’ouvrit et celui-ci invita Leuk à y pénétrer et à se servir de tout ce qu’il voudrait, autant qu’il en voudrait hormis une grosse boule d’or et de pierres précieuses qui bat comme un tam-tam.

Conte, le baobab généreux

Conte, le baobab généreux

Leuk, devenu muet de stupeur, pénétra prudemment à l’intérieur du tronc ouvert et y trouva de la nourriture, des vêtements et des bijoux. Il se servit du nécessaire pour lui sa femme et ses enfants et sortit du baobab en le remerciant chaleureusement.

Le baobab en fut très satisfait et invita Leuk à revenir quand il le voulait.

Leuk rentra chez lui, bras chargés, cœur léger et donna tout à sa femme et à ses enfants.

Le lendemain, la femme de Leuk prépara un repas de fête et elle et ses enfants quittèrent leurs vieux vêtements usés pour les superbes boubous et autres pagnes offerts par le baobab. Leuk avait aussi amené de magnifiques bijoux à sa femme dont celle-ci se para avec joie.

Leuk conseilla à sa femme et à ses enfants de ne pas sortir de la case ainsi vêtus pour ne pas éveiller la jalousie et la convoitise de son plus proche voisin : Bouki (l’hyène).

Seulement voilà : l’odeur alléchante de riz et de légumes cuisinés arriva aux narines aiguisées par la faim de la femme de Bouki et celle-ci s’en étonna :

– « La faim me donne des hallucinations ou bien quelqu’un fait de la cuisine alors que mon imbécile de mari prétend qu’il s’épuise en vain à chercher de la nourriture ? »

Elle décida donc de suivre l’odeur pour en trouver l’origine et, à sa grande stupéfaction et fureur se retrouva devant la case de Leuk. Ce qui rajouta à son irritation ce fut d’entendre le bruit joyeux des rires d’enfants.

Elle plaqua un sourire hypocrite sur sa face revêche et pénétra dans la case en disant d’une voix qu’elle voulut douce :

– « Bonjour chère voisine, je passais par hasard devant chez vous quand j’ai senti une savoureuse odeur de nourriture… »

La femme de Leuk fit contre mauvaise fortune bon cœur et l’invita à venir partager leur repas. La femme de Bouki s’installa et se servit copieusement dans le plat commun. Vers la fin du repas n’y tenant plus, elle demanda à la femme de Leuk d’où provenait une telle abondance. Celle-ci lui répondit que seul Leuk le savait.

A peine sortie de la case la femme de Bouki se mit à grogner et à vociférer :

– « Mon mari, ce fainéant, ose prétendre qu’il ne trouve rien alors que ce bon à rien de Leuk ramène non seulement à manger mais aussi des bijoux pour sa laideronne de femme ! Attends qu’il revienne et il verra de quel bois je me chauffe ! »

Rentrée chez elle, elle s’empara d’une grosse bûche et attendit son mari en bouillant de rage.

Quand celui-ci rentra enfin, épuisé par une longue journée de vaines recherches le ventre vide, il se retrouve face à une furie qui le frappe sans relâche, l’insulte à la bouche.

– « Mais qu’est-ce qui te prends ? » hurla-t-il en lui bloquant le poignet.

– « Il me prend que tu es un sale menteur, un vaurien qui affame sa femme et ses enfants et se prélasse toute la journée »

– « C’est la faim qui te donne des hallucinations idiote ! Je rentre fatigué d’une longue journée et au lieu de me plaindre, tu m’accueilles à coups de bâton ? »

– « Avec ta grande bouche là, tu ne sais dire que mensonges sur mensonges. Va donc chez Leuk et si tu ne vois pas qu’ils ont à manger et que sa femme fait la coquette avec les beaux bijoux qu’il lui a ramenés, je prends mes affaires et je retourne dans ma famille. Sinon, ne reviens pas avant d’être capable de faire ce que cet imbécile de leuk a fait. N’es-tu pas plus intelligent que lui ? »

Piqué au vif Bouki courut chez Leuk, non sans avoir menacé sa femme des pires maux si elle lui avait raconté n’importe quoi.

Arrivé près de la case de Leuk, il resta bloqué sur place par une savoureuse odeur de nourriture. L’esprit embrouillé par la faim Bouki se précipita et s’installa grossièrement autour du plat commun, bousculant les enfants.

Leuk l’invita à prendre place et lui proposa de partager leur repas alors que Bouki était déjà en train de s’empiffrer.

Une fois rassasié Bouki demanda à Leuk de lui révéler son secret.

– « Je te connais, lui répondit Leuk, tu vas encore tout gâcher, c’est plus fort que toi ! »

Mais Bouki a tellement pleuré, supplié, raconté à Leuk l’accueil hargneux et les menaces de sa femme, puis mis en avant ses pauvres enfants pleurant le ventre vide que Leuk a fini par lui dire :

– Si tu me jures que tu respecteras toutes mes paroles sans rien faire d’autre que ce que je te dis, alors, pour tes enfants et pour la paix de ton foyer, je te dirai mon secret. »

– « Ah ! Mon ami, pleurniche Bouki, je vais tout faire comme tu le dis. Je te le promets. »

Le baobab

Le baobab

Leuk n’avait aucune confiance en la parole de Bouki mais il lui raconta malgré tout sa rencontre avec le baobab en insistant sur le fait qu’il ne fallait surtout pas toucher à la grosse boule d’or et de pierres précieuses qui bat comme un tam-tam.

Bouki promit et retourna chez lui annoncer à sa femme qu’il fera mieux que Leuk, bien mieux ! Celle-ci se contenta de ricaner.

Le lendemain matin Bouki se lèva plus tard que d’habitude et se rendit directement à l’endroit que Leuk lui avait indiqué, muni d’un grand pagne.

De loin il vit le baobab, ce qui accrut sa convoitise.

Il s’allongea à peine quelques secondes et cria : « Hé ! baobab ! ton ombre est agréable ! ».

Le baobab, tout content, lui répondit : « que dirais-tu si tu goutais mes feuilles ! »

Bouki cria à nouveau :

– Baobab, tu me prends pour un singe ou bien ? Comment veux-tu que j’aille les chercher ? »

Le baobab laissa tomber sur Bouki une pluie de feuilles. Celui-ci fit semblant d’en goûter une.

« Hé ! Baobab tes feuilles sont très bonnes»

Le Baobab dit :

– « Que dirais-tu si tu goûtais mes fruits »

Bouki grogna, commençant à trouver qu’il perdait du temps : « Hé ! Baobab, pas la peine d’envoyer tes fruits, je suis sûr qu’ils sont bons : ouvre-moi ton intérieur »

Le baobab fut interloqué de tant de désinvolture mais il ouvrit quand même son tronc en invitant Bouki à y pénétrer et à se servir de tout ce qu’il voudrait, autant qu’il en voudrait à l’exception de la grosse boule d’or et de pierres précieuses battant comme un tam-tam.

« Oui, je sais » grommela Bouki impatient et il se précipita à l’intérieur du tronc ouvert et y trouva tout ce que Leuk lui avait décrit. Il ne sut plus où donner de la tête, prenant bien plus que nécessaire, le déposant en vrac dans le pagne. Au bout d’un moment, il observa la boule qui faisait un bruit de tam-tam et plus il la regardait plus il avait envie de l’emporter : « si je l’amène à ma femme, cela fermera sa grande bouche toujours en train de me critiquer, sinon je la connais, elle dira que tout ce que je lui ramène ne vaut rien et que moi-même je ne vaux rien. Je n’ai pas tout fait comme Leuk a dit et le baobab m’a quand même laissé entrer dans son intérieur. Leuk est trop peureux, c’est tout. C’est normal, ce n’est qu’un misérable lièvre. Il restera toujours misérable. Alors que moi j’ose. »

Il attrapa la boule tam-tam et voulu l’arracher. Mais cela provoqua une douleur si violente au baobab qu’il se referma d’un coup.

Certains disent que Bouki est resté enfermé dans le tronc du baobab, alors que d’autres prétendent que son arrière train était resté à l’extérieur et que Leuk, inquiet de ne pas le voir revenir, étant allé aux nouvelles, a supplié le baobab de le libérer et que celui-ci a fini par accepter. Ceux-là affirme que c’est pour cela que depuis les hyènes ont l’arrière train plus bas que le poitrail.
PAR WATAYAGA


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YBOU LE BAOBAB BARBU – de Sylvie CHANTAL

YBOU LE BAOBAB BARBU – de Sylvie CHANTAL

YBOU LE BAOBAB BARBU – de Sylvie CHANTAL

« Martin ? C’est qui ? »
« Mais c’est le poisson-chat ! Le gros, le terrible, celui qui a la moustache qui pique… »
Brr !
Ybou, Lucien et Mimi ne sont pas au bout de leurs surprises.
Ah ! S’ils savaient ce qui les attend !
Au pays des baobabs, se débarrasser d’une barbe ensorcelée, ce n’est pas simple !
Il faut savoir déjouer les ennemis et régler ses comptes avec une vieille sorcière…
Bien sûr, s’il n’y avait pas eu cette regrettable histoire de pierre magique…
Un livre plein d’humour et d’aventures pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.
Un petit roman pour les enfants (à partir de 7 ans) aimant la lecture et les belles histoires.
Ce livre raconte les formidables aventures d’un petit baobab de Madagascar et de ses fidèles amis.
Les droits d’auteur de ce livre sont en faveur des enfants défavorisés de Madagascar pour le projet de construction d’une école de brousse à ANDRANOMENA
(projet sur www.madaquatre.be)


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Scientifiquement appelé Adansonia digitata L. (Famille Bombacaceae), le baobab est également connu par une poignée d’autres noms de différentes communautés et régions-baob, arbre bouteille, arbre de la vie, l’arbre à pain de singe, il est même appelé le “arbre à l’envers.”

Il ya 8 espèces de baobabs, plupart d’entre eux atteignant des hauteurs comprises entre 16 et 98 pi avec un 23 à 33 diamètre du tronc pi. Originaires de la savane africaine se référer à l’arbre de baobab que l’arbre de vie en raison des nombreux avantages des habitants utilisés pour, et encore tirer de l’arbre; il agit comme un abri, fournit de la nourriture et l’eau à la fois pour homme et l’animal, et aussi des vêtements à partir de son liège comme l’écorce ou énorme tige résistant au feu.

Baobab l'arbre à l'envers, upside down

Baobab l’arbre à l’envers, upside down

D’autres utilisations importantes

Les fruits du baobab sont appelés “pain de singe”, car ils sont comestibles et riches en vitamine C. Au cours des périodes de sécheresse, le baobab agit comme une source d’eau pour les humains et les animaux. Baobabs plein cultivés sont généralement creux, création d’un espace qui est habituellement utilisé comme résidence, avec animal de l’homme en concurrence pour cet espace de vie naturel spéciale.

Le baobab la plupart du temps apparaît feuilles, une adaptation qui permet d’économiser l’eau et il résister au soleil brûlant. Pour cette raison, les branches ressemblent à des racines qui apparaissent à accrocher dans l’air. Cela a valu le nom de la “tête en bas” l’arbre, même si les différentes communautés ont des explications variées pourquoi l’arbre apparaît comme il le fait.

Les Légendes Upside-Down

Les Bushmen d’Afrique du Sud a estimé que cela était dû à la colère de Dieu, après qu’il a été offensé par l’arbre. Comme une punition, il déraciné et jeté à la terre la tête en bas, éventuellement en supposant que le cascadeur à l’envers. Il ya aussi une légende qui dit que la sève de l’arbre de baobab peut protéger un des crocodiles intelligents.

Les Bushmen a également estimé que la plumaison des fleurs du baobab ne ferait que conduire à être déchiré par des lions. Certains le blâme sur la hyène rusé. Il est dit que tous les animaux ont été invités à planter un arbre lors de la création. Dans son ruse, la hyène, qui a été donné le baobab ne voulait pas de croître et, partant, a planté les racines jusqu’à. L’arbre cependant réussi à croître de toute façon, atteindre sa forme actuelle.

Le fruit du baobab ou pain de singe sur l'arbre

Le fruit du baobab ou pain de singe sur l’arbre

Utilisations actuelles de l’Arbre Baobab

Le baobab est encore très utile aujourd’hui dans divers pays africains. Les gros troncs creux sont utilisés comme joints potable et des centres de relaxation. Ses fruits sont récoltés et très nutritif. Au Soudan, le palpe fruit du baobab est utilisé pour faire “gubdi,”Une boisson rafraîchissante traditionnelle. Il est considéré comme riche en calcium après une étude qui a été menée en Gambie sur les femmes enceintes. Les efforts visant à encourager les agriculteurs à planter l’arbre ont été vaines car il la croissance peut être qualifiée de “retardé”. Il est une source clé d’attraction touristique dans les différents pays et saints lieux sacrés de culte dans certaines communautés d’autres pays africains.

L’arbre Upside-down peut reposer sur sa tête, vous pouvez penser qu’il est séché jusqu’à, mais les gens vont toujours trouver et d’utiliser son utilité, pour le rendre meilleur, il n’a pas peur du soleil!


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Hommage poème au baobab africain

Peinture de Denise World

Peinture de Denise World

Il y a un baobab
Pavillon de tendresse et de jeunesse
Odeur fraîche de la savane
Il y a un baobab épais et dur qui chante.

Il y a un baobab
Aurore des premiers chants du coq
Du bel horizon
Où une voix siffle sa chanson
Aux vents de la savane.

« Il y a un baobab
Enfant de la savane
Héritier des temps lointains
Il y a un baobab
Carnaval lumineux
Des nouvelles plumes
Des terres d’Afrique… »

Ô ! Voici les fleurs immortelles
Jardin d’Allah
Ô ! Voici le jardin où je rêve
Il y a un baobab
Il y a un baobab qui s’épanouit
Aux vents de la savane…

(Ugah ADA, Rêves interdits, poèmes suivis
de La révolte des Griots et de Rêves retrouvés)

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Baobab ! je suis venu replanter mon être près de toi
Et mêler mes racines à tes racines d’ancêtre ;
Je me donne en rêve à tes bras noueux
Et je me sens raffermi quand ton sang fort
Passe dans mon sang
Baobab ! « l’homme vaut ce que valent les armes ».
C’est l’écriteau qui se balance à toute porte de ce monde.
Où vais-je puiser tant de forces pour tant de luttes
Si à ton pied je ne m’arc-boute ?
Baobab ! quand je serai tout triste
Ayant perdu l’air de toute chanson,
Agite pour moi les gosiers de tes oiseaux
Afin qu’à vivre ils m’exhortent.
Et quand faiblira le sol sous mes pas
Laisse-moi remuer la terre à ton pied :
Que doucement sur moi elle se retourne !

(Jean-Baptiste TATI-LOUTARD, Les racines congolaises)

 


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Conte autour du baobab

Je suis dans la cour d’une famille Camerounaise dans la ville de Garoua. Malgré ma stature imposante personne ne fait plus attention à moi. Pourtant je connais tous les secrets de la cour, j’y ai vu naître bon nombre des membres de la famille. Je participe à la vie de chacun et je partage avec eux ce qu’ils estiment de meilleur. Je suis toujours de la fête, car mariage, naissance ou funérailles je fais parti du repas. On utilise mes feuilles pour préparer la délicieuse sauce qui accompagne les plats. De mon fruit, aussi appelé pain de singe les femmes préparent une délicieuse boisson.

Une histoire de baobab…

Une histoire de baobab…

Dans cette famille, je suis arrivé discrètement sans faire de bruit et je me suis installé à proximité du mur de clôture, non loin de la cuisine. Lors de la préparation de la boisson à base du fruit du baobab. Je fus jeté et piétiné. Puis, j’ai germé, grandi et les occupants de la maison ont eu la bonne idée de me protéger. Très rapidement mon tronc s’est formé. Dès la première année, j’ai donné suffisamment de feuilles pour préparer quelques sauces enrichissant la boule de mil de la famille.

La maîtresse de la maison veille sur moi et me gratifie régulièrement de cuvettes d’eau quand elle prépare les repas. Les premières années, ce traitement de faveur a bien facilité ma croissance. C’est ainsi que j’ai pris place et grandi dans cette famille. Les uns et les autres remarquaient que je grandissais et grossissait plus vite que les autres baobabs de la brousse. Assez vite, je connu mes premières fleurs et mes premiers fruits. Alors ma frondaison généreuse était régulièrement et violemment plumée de mes feuilles tendres et n’épargnant pas mes petites branches. Néanmoins, je reverdissais joyeusement dès les premières pluies.

Le fruit du baobab bio ou pain de singe séché naturellement

Le fruit du baobab bio ou pain de singe séché naturellement

Un jour, un jeune enfant de la maison ne pu s’empêcher de poser une question à son père « Dis pourquoi papa notre baobab ne donne-t-il plus de belles fleurs et de gros fruits ? » Le père fut surpris de la question et répondit « ce que tu dis c’est la vérité » « Nous coupons trop les petites branches de notre baobab et nous devrions toujours en laisser quelques unes. Ainsi, il pourrait refleurir et donner à nouveau des fruits » Le soir même, à la lueur de la lune, le chef de la famille a rassemblé toutes les personnes de la concession. Il leur demanda faire silence et de me regarder. Alors toutes les têtes se levèrent et tous les yeux se tournèrent vers moi. Ce soir là, j’étais devenu important.

Le chef de famille déclara « Ce baobab est pour nous une grande richesse, il nous donne chaque année beaucoup de feuilles pour la sauce que nous aimons tant. Mais le baobab ne donne plus de fleurs, ni de fruits car nous coupons toutes ses petites branches « « Nous devons jardiner notre baobab et les fleurs et les fruits reviendront. Pour moi, jardiner vous dire prendre soin de notre baobab» Désormais, je vous demande de ne plus couper les branches sur un coté ainsi les fleurs et fruits reviendront »

La consigne fut bien respectée et les années qui suivirent je portais à nouveau beaucoup de fleurs et de fruits. Puisse cette nouvelle se répandre dans tout le Sahel. Les baobabs seront tous jardinés et porteront beaucoup de fruits.

Jean Yves CLAVREUL


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Antoine de Saint-Exupéry le petit Prince et les baobabs


Chaque jour j’apprenais quelque chose sur la planète, sur le départ, sur le voyage. Ça venait tout doucement, au hasard des réflexions. C’est ainsi que, le troisième jour, je connus le drame des baobabs.

Antoine de Saint-Exupéry les baobabs et le petit Prince baobab baomix

Antoine de Saint-Exupéry les baobabs et le petit Prince baobab baomix

Cette fois-ci encore ce fut grâce au mouton, car brusquement le petit prince m’interrogea, comme pris d’un doute grave:

– C’est bien vrai, n’est-ce pas, que les moutons mangent les arbustes ?

– Oui. C’est vrai.

– Ah! Je suis content.

Je ne compris pas pourquoi il était si important que les moutons mangeassent les arbustes. Mais le petit prince ajouta:

– Par conséquent ils mangent aussi les baobabs ?

Je fis remarquer au petit prince que les baobabs ne sont pas des arbustes, mais des arbres grand comme des églises et que, si même il emportait avec lui tout un troupeau d’éléphants, ce troupeau ne viendrait pas à bout d’un seul baobab.

L’idée du troupeau d’éléphants fit rire le petit prince:

– Il faudrait les mettre les uns sur les autres…

Mais il remarqua avec sagesse:

– Les baobabs, avant de grandir, ça commence par être petit.

– C’est exact ! Mais pourquoi veux-tu que tes moutons mangent les petits baobabs ?

Il me répondit: “Ben! Voyons!” comme s’il s’agissait là d’une évidence. Et il me fallut un grand effort d’intelligence pour comprendre à moi seul ce problème.

Et en effet, sur la planète du petit prince, il y avait comme sur toutes les planètes, de bonnes herbes et de mauvaises herbes. Par conséquent de bonnes graines de bonnes herbes et de mauvaises graines de mauvaises herbes. Mais les graines sont invisibles. Elles dorment dans le secret de la terre jusqu’à ce qu’il prenne fantaisie à l’une d’elles de se réveiller. Alors elle s’étire, et pousse d’abord timidement vers le soleil une ravissante petite brindille inoffensive. S’il s’agît d’une brindille de radis ou de rosier, on peut la laisser pousser comme elle veut. Mais s’il s’agit d’une mauvaise plante, il faut arracher la plante aussitôt, dès qu’on a su la reconnaître. Or il y avait des graines terribles sur la planète du petit prince… c’étaient les graines de baobabs. Le sol de la planète en était infesté. Or un baobab, si l’on s’y prend trop tard, on ne peut jamais plus s’en débarrasser. Il encombre toute la planète. Il la perfore de ses racines. Et si la planète est trop petite, et si les baobabs sont trop nombreux, ils la font éclater.

“C’est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s’astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu’on les distingue d’avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont très jeunes. C’est un travail très ennuyeux, mais très facile.”

Et un jour il me conseilla de m’appliquer à réussir un beau dessin, pour bien faire entrer ça dans la tête des enfants de chez moi. “S’ils voyagent un jour, me disait-il, ça pourra leur servir. Il est quelquefois sans inconvénient de remettre à plus tard son travail. Mais, s’il s’agit des baobabs, c’est toujours une catastrophe. J’ai connu une planète, habitée par un paresseux. Il avait négligé trois arbustes…”

Et, sur les indications du petit prince, j’ai dessiné cette planète-là. Je n’aime guère prendre le ton d’un moraliste. Mais le danger des baobabs est si peu connu, et les risques courus par celui qui s’égarerait dans un astéroïde sont si considérables, que, pour une fois, je fais exception à ma réserve. Je dis: “Enfants! Faites attention aux baobabs !” C’est pour avertir mes amis d’un danger qu’ils frôlaient depuis longtemps, comme moi-même, sans le connaître, que j’ai tant travaillé ce dessin-là. La leçon que je donnais en valait la peine. Vous vous demanderez peut-être: Pourquoi n’y a-t-il pas, dans ce livre, d’autres dessins aussi grandioses que le dessin des baobabs ? La réponse est bien simple: J’ai essayé mais je n’ai pas pu réussir. Quand j’ai dessiné les baobabs j’ai été animé par le sentiment de l’urgence.


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Le baobab apparaît fréquemment dans les mythes de fondation de villages, de villes ou de royaumes.

La forme particulière, étrange et imposante du baobab inspire de nombreux propos extraordinaires, contes et légendes. Par exemple, la disposition de ses branches qui ressemblent à des racines, accrédite la croyance que l’arbre tire grâce à elles sa force du ciel.
Plusieurs légendes sont associées à la forme du baobab : les Arabes expliquent qu’un démon a arraché l’arbre, planté ses branches dans le sol et laissé ses racines à l’air. Une autre légende explique que le premier esprit d’une race ancienne proposa aux animaux de planter des arbres. La hyène arriva en retard et reçut le dernier arbre qui restait, soit le baobab. Elle était si furieuse qu’elle le planta à l’envers. La croyance la plus répandue est cependant celle selon laquelle Dieu lui-même planta le baobab à l’envers. Certaines personnes apportent des précisions en disant que Dieu avait d’abord planté le baobab dans le bassin du Congo, puis à Ruwenzori, mais qu’à chaque fois, l’arbre se plaignait d’une humidité trop élevée. C’est alors que Dieu, irrité, décida d’arracher l’insatisfait et le jeta dans une contrée sèche…mais il y atterrit à l’envers.
S’il n’est pas utilisé comme sépulture pour des griots, d’abri bus mais aussi d’habitation ou de cabane pour ranger les outils et autres instruments, le baobab sert d’exutoire ou de confident : en appuyant les deux mains sur son tronc, l’homme fait vœu de sacrifice contre sa malédiction. Dans un bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF publié en 1926, l’administrateur des colonies Michel Perron rapporte que le village de Toumbou-bâ tient sa notoriété des vertus de son baobab : C’est lui (le baobab) qui détient le véritable droit d’asile. Ce n’est que dans le creux de son tronc et sous ses branches que personne ne peut plus être insulté ni frappé.

Le baobab, inspirateur de légendes

Le baobab, inspirateur de légendes

Point de repère pour les voyageurs, point de rassemblement pour les villageois en palabre, quand il ne sert pas à l’homme, l’arbre offre l’hospitalité aux animaux de la savane : lézards, margouillats, serpents, oiseaux, mammifères, ..
Petit conte africain

Un jour, une hyène fatiguée, en provenance de la chasse, s’assit sous un baobab et dit : “quelle ombre magnifique!” Le baobab lui répondit : “c’est seulement l’ombre, tu n’as pas goûté à mon fruit”. Elle lui demanda de lui en donner. C’était très bon. Et il lui ouvrit son tronc où il y avait tout ce que l’on désirait avoir au monde. La hyène lui demanda de monter sur sa tête pour l’emmener chez elle. Le baobab, en se posant sur sa tête, a écrasé la hyène.

Sources : Futura Sciences par S. GARNAUD